lundi 11 mai 2015

Du Monopole à la libéralisation de la presse au Sénégal

Mamadou Kassé - Thierno Diop - Saliou Traoré -  Bernadette Sonko
Éclairer les étudiants du CESTI sur les étapes de l'évolution des médias au Sénégal, c'est l'objectif que s'est fixé Saliou Traoré, Mamadou Kassé et Abdoulaye Ndiaye, trois anciens cestiens, témoins du "monopole à la libéralisation de la presse sénégalaise." 


Pour comprendre les réalités de l’univers médiatique sénégalais, un retour en arrière s’impose. C’est dans ce cadre que s’est inscrit les intervenants du carrefour d’actualité du 06 mai dernier. Et ce fut, une mission bien accomplie à travers la présentation de leurs différentes communications. 

M. Saliou Traoré qui a ouvert le bal des interventions, nous a plongé dans les débuts de sa carrière professionnelle à l'Agence de Presse Sénégalaise (APS). Ici, le directeur très tôt, l'a fait comprendre que l'apprentissage et la pratique du journalisme ne sont pas synonymes au Sénégal. Et, cela a été fait en ces termes: "Laissez de côté ce qu'on vous a appris au CESTI". 
Après des décennies d'exercice à l'APS et correspondant depuis trente ans de l'agence espagnole EFE en Afrique Sub-saharienne, il a nuancé les périodes d'évolution de la presse sénégalaise qui partent de Senghor (1960-1981) marquée par une monopolisation certaine. Cette tendance s'est freinée avec l'époque de Abdou Diouf (1981-2000), selon le journaliste. Elle s'est vraiment libéralisée avec Wade (2000-2012). En constatant la floraison des organes d'information du nouveau ère politique, il déplore tout de même la qualité de plus en plus piètre du contenu des programmes des médias (trop de divertissement).

M. Mamadou Kassé, promotionnaire du précédent communicateur a étayé ses propos avec une explication des courants idéologiques politiques qui déterminaient à l'époque la diversité des médias au Sénégal. Le pluralisme médiatique a influencé le pluralisme politique. 


Senghor, le professeur de Français des journalistes
Oui, le Président poète était très féru de la presse écrite et de la radio notamment. Au palais présidentiel, il organisait fréquemment des séances de mise à niveau en grammaire, syntaxe et de diction, auxquelles sont conviés les journalistes des différents organes d'information. La procédure était fort simple. Au préalable, il relevait les fautes de chaque publication et édition. Et, la suite était un renforcement de capacité au style de l'école primaire.

Abdoulaye Ndiaye, le dernier intervenant a retracé, de façon très appréciable l'historique de la mise en place de la télévision au Sénégal.

Émaillée d'anecdotes très illustratives, ces moments d'échanges ont permis aux étudiants du Cesti de retrouver avec aisance le fil historique des médias au Sénégal.


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