C'est le film Guelwaar du réalisateur sénégalais Ousmane Sembène qui a été projété ce 17 décembre à la Fondation Konrad Adenauer de Dakar. Ce film qui "met en relation la fragile cohabitation religieuse et les relations nord-sud sous forme de tradi-comédie bouleversante" a insuffler un réveil de conscience au sein du public.
Pour le dernier ciné-club de l'année 2015, la Fondation Konrad Adenauer (Fka) a misé sur le choix de Guelwaar, un film "puissant" réalisé en 1992 et qui demeure très actuel. Sous la conduite de Dr Ute Bocande, cette projection s'est révélée comme le prolongement des réflexions sur le dialogue interreligieux initié sous la forme d'une colloque a la Fka. Le débat après le film fut animé par le professeur Babacar Diop dit Buuba.
"L'aide alimentaire nous tue"
C'est cette phrase bien clamée dans un discours de dénonciation devant un peuple-main-tendu "muet" et une classe politico-administrative corrompue, qui a coûté la vie à Guelwaar, l'acteur absent mais très présent du film. En fait, les scènes du film sont constitués en partie de flash-back. Pierre Thione dit Guelwaar est catholique et grand défenseur de l'auto-détermination de l'Afrique. Il est connu pour ses paroles dérangeantes. Au matin de ses obsèques, son corps a disparu et l'éloge funèbre se fait autour d'un cercueil vide. Voilà l'incident déclencheur du film. A la suite d'une erreur administrative, c'est une puissante famille musulmane qui l'a enterré et qui ne veut rien révéler pour ne pas perdre la face. Les deux communautés religieuses vont se dresser face à face en évoquant le souvenir de ce curieux personnage qui faisait trembler les autorités en fustigeant les aides internationales reçues par l'Afrique.
Le réalisme social
Pendant 115 minutes, les participants du ciné-club sont restés captivés par le génie de Ousmane Sembène. Celui-ci, à travers la mise en scène, le choix du décor, les caractéristiques des personnages, la musique, le lieu du montage, la préférence des plans entre autres est resté égal à lui-même. Le film traitre de plusieurs sujets qui continuent d'animer les débats dans nos sociétés: la pauvreté, la manipulation politique, la prostitution, le radicalisme religieux, l'adultère, etc. Il les présente dans un langage cru. Ce qui fait penser au courant idéologique où il s'est abreuvé pendant son vivant. Il pratiquait le réalisme social pour faire avancer la société avec son art et son talent. Ce qui lui a permis de peindre avec l'image et le son certaines réalités sociales en les raccordant à l'idéologie communiste.
Le synopsis de ce chef d'oeuvre de Ousmane Sembène fait état de ces réalités qui caractérisent toujours l'Afrique post-indépendance. Sans vivre dans tous les pays au sud du Sahara, le cinéaste a transcrit avec une fidélité remarquable ces maux qui jonchent le développement et la vraie autonomisation des peuples africains.

Tu n'as pas oublié les cours de M. Boye.
RépondreSupprimerParlant de Guelwaar comme tu l'as dit c'est un véritable chef d'oeuvre. Au Sénégal c'est vraiment la référence sur le plan du cinéma
Je confirme mon frere. M. Boye a su nous inculquer ce "virus" du cinéma. Je trouve ce film toujours actuel et il mérite une grande vulgarisation.
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