lundi 7 décembre 2015

Yayi Boni pour débloquer la crise burundaise: La mission difficile

Yayi Boni en maillot

Le premier voyage de mission du président béninois Thomas Boni Yayi  pour participer au déblocage de la crise au Burundi est annulé. Ce report présage de la difficulté de la mission.

C'est au sommet Chine-Afrique tenu en Afrique de Sud, les 04 et 05 décembre 2015 que la présidente de la commission de l'union africaine Nkossazana Dlamini-Zuma a désigné Boni Yayi pour une résolution de la crise au Burundi. En effet, ce sommet organisé en partie par les autorités chinoises a eu comme colonne vertébral, le thème "une solution africaine aux conflits sur le continent africain". 

Une course de haie
C'est à un sprint que le président béninois est ainsi invité à effectuer à Bujumbura. Sa tentative de réponse à la demande qui lui a été faite de "se rendre dès que possible à Burundi", n'a pu avoir bonne presse au près des autorités burundaises car son voyage vers leur pays ce 07 décembre est annulé à la dernière minute. La raison évoquée est toute bénigne: un problème d'agenda du président Nkunruziza malgré que les principes de la rencontre avaient été validé les autorités burundaises. C'est un véritable course de haie qui est entamé depuis le début de la crise. Face à ce démarrage raté, on est en droit de se poser la question: Est-ce que Boni Yayi saura conjuguer l'agilité d'un écureuil (l'animal signe des équipes sportives du Bénin) avec l'agitation d'un hirondelle (le surnom de l'équipe de football burundais)? 

Le statu quo qui règne dans la sphère de médiation de la crise burundaise depuis plusieurs mois avec le départ de Yoweri Museveni des pourparlers en juillet dernier, donne des pressentimentsL'absence de résultat de la présidence ougandaise  est l'un des motifs de la  désignation de Yayi Boni qui viendrait complémenter les autresBien que "cette initiative a reçu le soutien des chancelleries occidentales" on est à même de se demander  ce qui fera fléchir les genoux des autorités burundaises visiblement engagés aller jusqu'au bout de leurs intentions. Peut-être l'évangile.

Duel ou duo d'évangélistes
L'une des raisons citées pour l'introduction de M. Yayi dans le jeu inter-burundais  est son appartenance religieux, si ce mot a encore un sens utile vu la pluralité multiforme de sa connotation. En fait, le chef de l'Etat béninois est un évangéliste de même que son homologue burundais Pierre Nkunruziza. Les pistes de ce sprint diplomatique sont loin d'être aménagées. Ils seraient à l'antipode des pistes de Nid d'oiseau, le stade national de Pékin où s'est déroulé récemment (Août 2015) le championnat mondial d'athlétisme un mois avant l'expérience de M. Yayi au Burkina Faso. Il serait alors difficile de croire que, pour des raisons de croyance les deux chefs d'Etat feront un duo qui pourra alléger la peine de le peuple burundais avec l'évacuation incessant des blessés et cadavres des rues de la capitale du pays, victimes des agressions souvent nocturnes imputées aux partisans du pouvoir ou de l'opposition. Une chose est claire avec la méfiance déguisée qui se lit à travers l'annulation du vol de Boni Yayi en Burundi, on parlera plutôt d'un début de duel de foi entre évangéliste.

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