Un an après sa visite dans la mosquée de Istanbul, le pape François entre, les pieds déchaussés dans la mosquée centrale de Bangui ce 30 novembre 2015, situé au PK5 un quartier reconnu pour la récurrence des affrontements inter-religieux.
Pour sa dernière destination de son voyage en Afrique, le pape François a foulé le sol centrafricain, le 29 novembre passé. Il est parti avec un message de paix et de réconciliation pour ce peuple déchiré par une troisième guerre civile.
Le geste "normal"
Rentrer dans une mosquée a toujours été précédé d'un geste particulier entre autre: se déchausser. Celui qui veut entrer dans ce lieu de pratique du culte musulman est astreint à cette règle. Ce qui devient alors une chose "normale". François a donc obéit à cette règle en se déchaussant à l'entrée de la grande mosquée de Bangui où il s'est rendu le lundi 30 novembre 2015. Le souverain pontife l'a déjà fait lors de sa visite à la mosquée bleue de Istanbul, le 29 novembre 2014. Sauf en Arabie Saoudite où la décision du Calife Omeyyade Umar II interdisant au non-musulman d'entrer dans une mosquée reste en vigueur, l'on pourra se dit que François fera de même partout.
La paix au Pk5
Le Pape François est allé chercher la paix en Centrafrique au Pk5. D'ailleurs, d'aucun désigne son voyage sous le sceau "d'un pèlerinage de paix". En tout cas, de toutes les formalités d'usage de son déplacement, ce qui restera indélébile, ou en partie, dans la mémoire collective est son passage cette mosquée devenue un havre de paix pour ces adhérents. Ainsi la visite papale au Pk5, le quartier musulman de la capitale centrafricaine réitère son engagement pour la paix en Centrafrique. C'est pourquoi il réaffirme aux centrafricains que chrétiens et musulmans sont "des frères" et qu'il fallait dire "non à la vengeance, à la violence et à la haine".
C'est une visite très significative dans ce pays où les violences inter-religieux et communautaires ont atteint un seuil critique. Elles avaient fini par plonger les 4.500.000 habitants dans un dénouement humain sérieux: la haine et la peur de l'autre. C'est un état d'instabilité, superficiellement agité et profondément aiguë que le chef de l'église catholique tente de corriger en se rendant au Pk5. C'est un quartier enclavé soumis au blocus des anti-balaka, une milice composée majoritairement de chrétiens et d'animistes.

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