jeudi 14 juillet 2016

PRATIQUE DE TENNIS: Un luxe moins apprécié au campus

Le tennis traverse un fleuve de solitude au Campus. Jugé onéreux, sa compagnie est la moins préférée des étudiants.

Raquettes à la main, ils sont une dizaine en t-shirt et short avec des chaussures de tennis à s’exercer sur l’un des courts du campus universitaire de Dakar. A tour de rôle, chacun d’eux se positionne sur la ligne de service pour frapper la balle lancée depuis le filet par leur encadreur. On est loin de penser que ce sont des étudiants, ils ont entre cinq  et douze ans. « Depuis plusieurs semaines, ces enfants apprennent les techniques gestuelles de base du tennis » informe Ibou Diouf, taille élancée, teint noir en tenu de sport.

 En face du pavillon R et à côté des boutiques de la zone B, le terrain du tennis est en plein cœur du campussocial. Cette proximité avec les étudiants n’induit pas, pour autant, sa fréquentation. Le tennis est l’activité sportive la moins pratiquée ici. La section du Duc Tennis avec un statut de club civil, compte plus de particuliers que d’étudiant pendant que celles de football ou du basketball reçoivent des adhésions multiples. Les causes de ce manque d’intérêt au sport de Novak Djokovic (le n°1 mondial du tennis) sont fondées sur des préjugés partagés par la plupart des étudiants. Il s’agit de la cherté des équipements. « Pour moi, ce sont des raisons financières. Le tennis est très coûteux » explique Thomas Diedhiou,  en Master à l’Ecole des bibliothécaires et archivistes de Dakar (Ebad). Un autre étudiant de s’écrier « C’est vraiment un sport de riche ».

Le prix des équipements du Tennis donne sûrement des vertiges aux étudiants. Une seule raquette peut se payer au double, au quintuple voire au-delà du déculpe de leur bourse complète (36.500 fcfa). En plus, c’est selon la qualité. Cela n’est pas à la portée de la bourse universitaires surtout que chaque joueur doit avoir son équipement personnel. Ces déclarations sont confirmées par Mame Mbaye, un autre encadreur du tennis venu entrainer quelques habitués du centre « Le manque de moyens des étudiants fait qu’ils ne viennent pas s’inscrire. Cet abandon du tennis peut être aussi interprété par une « question de réputation ». Selon Diedhou « ce sport n’est pas très connu et ainsi n’attire pas de monde ».


Forfait formation
Construit depuis une quarantaine d’années, le terrain de tennis comporte quatre courts, dont deux, actuellement en état de délabrement avancé. Une petite tribune sans toit, fait face au deux autres courts rénovés récemment sous fond propre du club. Le Duc Tennis à été délaissé par les autorités du Coud. Ce centre a été une pépinière où de grands noms du Tennis Sénégalais comme Yahiya Doumbia s'entrainaient. « Le prix de l’inscription au club varie selon le statut souscripteurs. Les  étudiants paie dix mille fcfa, les travailleurs soixante mille et les retraités cinquante mille ».

En plus de l’équipement, la formation aux rudiments du tennis se monnaie à des tarifs précis. « L’encadrement individuel est à 20 000 Fcfa par mois et collectif est à 10 000 fcfa à raison de 8 heures » annonce Mame Mbaye. Pour encourager les étudiants à pratiquer ce sport, le Coud avait mis en place un système leur permettant de se former gratuitement. « Il y avait un entraineur à plein temps encadrait  les étudiants inscrits au Bureau de Sport  mais suite au départ en retraite de ce dernier, cette formation a été interrompue » renseigne Ousseynou Kama, secrétaire général  de Duc Tennis.

Les étudiants étrangers prennent le relai des sénégalais. Les marocains viennent en premiers occuper les rangs. Sous le soleil accablant de cet après-midi du mercredi, Aicha, taille moyenne et corpulence athlétique, est habillée comme une vraie pro du tennis mais c'en est en fait une novice. Ivoirienne de nationalité, elle est venu s’entrainer. Elle trouve le coût de la formation est abordable et déclare « c’est plutôt le Golf qui est un sport de riches ».

Pour l’instant, il va falloir un travail de promotion pour que les étudiants de l’Ucad s’intéressent à la petite balle verte. Toutefois, le secrétaire général du Duc Tennis se réjouit du fait que les performances du club, qui ne sont plus à démontrer, selon ses dires. « Pour le dernier tournoi Interclub, nous avons raflé cinq des six tableaux ».

2 commentaires:

  1. très bel article...Le tennis un de mes sport préféré...L'avis des étudiants traduisent l'impopularité de ce sport au Sénégal, même si j'ai noté ces derniers temps de plus en plus d'amateur de tennis surtout à Dakar...Mais pas beaucoup de pratiquants(les courts ne sont pas si nombreux)...D'ailleurs ça aurait été intéressant de saisir la fédération sénégalaise de tennis pour savoir, il y a combien de pratiquants et de licenciés en tennis au Sénégal...

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    1. Excellent apport mon frère ELI MAN. J'apprécie énormément ce sport mais il y a un déficit dans sa promotion. Au Sénégal, c'est encore mieux comparativement à d'autres pays comme le Bénin.

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