lundi 18 juillet 2016

INSECURITÉ ROUTIÈRE : ALERTE ROUGE SUR L’AVENUE CHEIKH ANTA DIOP


Une autoroute en pleine agglomération. Impensable mais vrai. Dans l’attente d’un drame, c’est un « axe du mal » que traverse de milliers de personnes par jour.

Un danger plane sur l’avenue Cheikh Anta Diop. Il suffit d’un coup d’observation pour sans rendre compte. Sur sa section comprise entre le Centre hospitalier de Fann et le Commissariat de La Médina, il n’y a aucun panneau de signalisation. Ce qui suscite émotion et désolation quand on sait que c’est une double voie à circulation rapide dans une zone urbaine très dense (avec la présence d’écoles et d’une université, etc.). Malgré les récentes rénovations de cette voie, les autorités, ont tout de même oublié de prioriser la sécurité des usagers.

Le constat est alarmant. C’est l’absence notoire de signalisation verticale (poteaux posés ou des supports droits donc perpendiculaire à la route) sur ce tronçon. Les automobilistes et les motocyclistes s’insèrent dans cette faille majeure pour semer la terreur. Ils roulent constamment à vive allure. « Aucune régulation. Il n’y a rien. Chacun fait ce qu’il veut » regrette avec un air consterné Kiné, une jeune dame au volant d’une Polo (petite voiture de marque allemande). Ceci amenuise sérieusement la sécurité des milliers d’étudiants, d’élèves et autres qui empruntent quotidiennement cette route. C’est une bombe à retardement.

Mayday Mayday
L’absence de panneaux de limitation de vitesse encourage les usagers. Normalement dans une agglomération, la vitesse de circulation doit être réduite au maximum (30km/h et 70km/h), selon la situation. Vu le flux important de personnes qui utilisent cette artère, il devient impérieux de limiter strictement cette vitesse à 30km/h pour dissuader l’ardeur des conducteurs. Il est avéré que ce deficit de signalisation élargit les marges du danger.

« Il y a beaucoup de chauffards » affirme Biram Sow, étudiant en Master, rencontré à côté du restaurant Just For U. Avec son sac au dos, il vient de passer de longs moments avant de traverser la voie. A chaque instant de la journée, les piétons font le pied de grue.  Les véhicules roulent sans prêter attention aux piétons alors qu’« ils doivent donner la priorité aux étudiants » s’offusque El Hadji Diouf, étudiant au département d’Espagnol. Ce jeudi soir, ils sont nombreux à l’entrée du « Couloir de la mort » à essayer avec tract et tact de passer de l’autre côté de la voie. Plus grave, il n’y a pas de feux tricolores.


La scène est la même tout le long du trajet notamment devant l’Hôpital Fann. Les accompagnants et les malades souffrent le martyre. Ndiaga Sy confirme le fait : « Ce n’est pas facile. Pour acheter des médicaments, il faut attendre et attendre ». « C’est grave. Les chauffeurs ne s’arrêtent pour laisser les gens traverser la route » renchérit Pricillia, médecin en spécialisation de chirurgie à Fann, vêtue d’un pantalon en noir et d’une chemisette blanche.

De part et d’autre de cette route, trois tunnels sont installés mais ils n’ont jamais été fonctionnels. Ousmane Faye, étudiant en Licence 3 en Anglais apprécie que « c’est dangereux d’utiliser ses tunnels pour des raisons de sécurité des personnes et des biens ». Il préconise des passages supérieurs. Il faut noter que les piétons ne respectent pas les règles. Certains ne prennent pas par  les passages cloutés (passage permettant aux piétons de traverser une chaussée), pour rejoindre l’autre côté de la voie.

« Il est vrai que cet axe est dangereux » reconnaît M. Diouf, l’adjoint du proviseur du collège Yavuz Selim. « C’est pourquoi, nous avons engagé le courtier de l’école pour aider les enfants le matin et soir à traverser la voie » explique-t-il. Il faut remonter au collège catholique Anne-Marie Jahouvey pour voir des barrières, récemment placées sur le trottoir afin de protéger la sortie des apprenants. Les enfants demeurent les usagers vulnérables de la route.
Ce triste décor est renforcé par l’absence de ralentisseurs sur la voie. Aucun dos d’âne n’est perceptible. Etonné de ce bilan, le directeur des transports terrestres du Sénégal,  El Hadji Seck N. Wade affirme que « pour ce qui est des absences des éléments de circulation urbaine sur cette voie, il faut s’adresser à Ageroute Sénégal ».

Ceinture de sécurité
Face à ces remarques attendrissantes, les responsabilités doivent être situées. Tout de même, M. Wade suggère qu’il faudra « ériger des grilles en fer comme à Keur Mbaye Fall pour contraindre les populations à passer par les passages cloutés ». Cette mesure va réduire les risques d’accident dans un contexte où « 37% des victimes d’accidents au Sénégal sont des piétons ». Un tel dispositif diminuera au strict minimum le conflit véhicule piéton. « La mise en œuvre des stratégies prioritaires du plan national permettra la réduction des accidents de 35% d’ici 2020. La sécurité routière est un combat de tous les jours » ajoute-il. Contacté, Ageroute Sénégal n’a pas voulu se prononcer sur le sujet.

De façon générale, la sécurité routière est longtemps restée un sujet crucial mais longtemps banalisé. Les « chauffards » prennent volontiers la responsabilité d’entretenir la psychose chez les piétons. Des dispositions adéquates sont attendues pour  promouvoir le respect du code de la route par les usagers de l’avenue Cheikh Anta Diop. Cela agira en faveur de la prévention des accidents de la circulation.

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