Raquettes à la main, ils sont une dizaine
en t-shirt et short avec des chaussures de tennis à s’exercer sur l’un des
courts du campus universitaire de Dakar. A tour de rôle, chacun d’eux se
positionne sur la ligne de service pour frapper la balle lancée depuis le filet
par leur encadreur. On est loin de penser que ce sont des étudiants, ils ont entre cinq et douze ans. « Depuis plusieurs
semaines, ces enfants apprennent les techniques gestuelles de base du tennis » informe
Ibou Diouf, taille élancée, teint noir en tenu de sport.
En face du pavillon R et à côté
des boutiques de la zone B, le terrain du tennis est en plein cœur du campussocial. Cette proximité avec les étudiants n’induit pas, pour autant, sa fréquentation.
Le tennis est l’activité sportive la moins pratiquée ici. La section du
Duc Tennis avec un statut de club civil, compte plus de particuliers que
d’étudiant pendant que celles de football ou du basketball reçoivent des adhésions
multiples. Les causes de ce manque d’intérêt au sport de Novak Djokovic (le n°1
mondial du tennis) sont fondées sur des préjugés partagés par la plupart des
étudiants. Il s’agit de la cherté des équipements. « Pour moi, ce sont des raisons
financières. Le tennis est très coûteux » explique Thomas Diedhiou, en Master à l’Ecole des bibliothécaires et archivistes de Dakar (Ebad). Un autre étudiant de s’écrier « C’est vraiment un sport de riche ».
Le prix des équipements du Tennis
donne sûrement des vertiges aux étudiants. Une seule raquette peut se payer au
double, au quintuple voire au-delà du déculpe de leur bourse complète (36.500
fcfa). En plus, c’est selon la qualité. Cela n’est pas à la portée de la bourse universitaires surtout que chaque joueur doit
avoir son équipement personnel. Ces déclarations sont confirmées par Mame Mbaye,
un autre encadreur du tennis venu entrainer quelques habitués du centre « Le manque de moyens des étudiants
fait qu’ils ne viennent pas s’inscrire. Cet abandon du tennis peut être
aussi interprété par une « question
de réputation ». Selon Diedhou « ce
sport n’est pas très connu et ainsi n’attire pas de monde ».
Forfait formation
Construit depuis une quarantaine
d’années, le terrain de tennis comporte quatre courts, dont deux, actuellement en état de délabrement avancé. Une petite tribune sans toit, fait
face au deux autres courts rénovés récemment sous fond propre du club. Le Duc
Tennis à été délaissé par les autorités du Coud. Ce centre a été une pépinière où de grands noms du Tennis Sénégalais comme Yahiya Doumbia s'entrainaient. « Le prix de l’inscription au
club varie selon le statut souscripteurs. Les
étudiants paie dix mille fcfa, les travailleurs soixante mille et les
retraités cinquante mille ».
En plus de l’équipement, la
formation aux rudiments du tennis se monnaie à des tarifs précis. « L’encadrement individuel est à 20 000 Fcfa
par mois et collectif est à 10 000 fcfa à raison de 8 heures » annonce
Mame Mbaye. Pour encourager les étudiants à pratiquer ce sport, le Coud avait
mis en place un système leur permettant de se former gratuitement. « Il y avait un entraineur à plein
temps encadrait les étudiants inscrits
au Bureau de Sport mais suite au départ en retraite de ce dernier, cette
formation a été interrompue » renseigne Ousseynou Kama, secrétaire
général de Duc Tennis.
Les étudiants étrangers prennent le
relai des sénégalais. Les marocains viennent en premiers occuper les rangs. Sous
le soleil accablant de cet après-midi du mercredi, Aicha, taille moyenne et
corpulence athlétique, est habillée comme une vraie pro du tennis mais
c'en est en fait une novice. Ivoirienne de nationalité, elle est venu
s’entrainer. Elle trouve le coût de la formation est abordable et déclare « c’est plutôt le Golf qui est un sport
de riches ».
Pour l’instant, il va falloir un
travail de promotion pour que les étudiants de l’Ucad s’intéressent à la petite
balle verte. Toutefois, le secrétaire général du Duc Tennis se réjouit du fait
que les performances du club, qui ne sont plus à démontrer, selon ses dires. « Pour le dernier tournoi Interclub,
nous avons raflé cinq des six tableaux ».

très bel article...Le tennis un de mes sport préféré...L'avis des étudiants traduisent l'impopularité de ce sport au Sénégal, même si j'ai noté ces derniers temps de plus en plus d'amateur de tennis surtout à Dakar...Mais pas beaucoup de pratiquants(les courts ne sont pas si nombreux)...D'ailleurs ça aurait été intéressant de saisir la fédération sénégalaise de tennis pour savoir, il y a combien de pratiquants et de licenciés en tennis au Sénégal...
RépondreSupprimerExcellent apport mon frère ELI MAN. J'apprécie énormément ce sport mais il y a un déficit dans sa promotion. Au Sénégal, c'est encore mieux comparativement à d'autres pays comme le Bénin.
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