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Qui pourrait imaginer la présence d’un marché dans l’espace de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ? Il en existe un : le marché « bio » du Clos Normand. Loin des regards du grand nombre, il attire une clientèle acquise à sa cause, et surtout pour ses fruits et ses légumes.
« Je trouve que ces produits ont un meilleur goût. Sincèrement, ce n’est pas comparable aux autres » ainsi dit, Mme Carine. En chemisier fleuri sans manche avec ses lunettes, elle est assistée par ses deux filles adolescentes. La Française semble plus préoccupée à charger son sac de légumes que pour autre chose. Avec leur silhouette fine, elle et ses filles se faufilent entre les trois étals de la place. Dans les caisses en plastique de tomates, de carottes, d’aubergines, de choux, de courgettes et autres, leurs mains passent et repassent à la recherche du « goût ». « Le goût est vrai » soutient Mme Epon, une autre expatriée.
Sous une seule tente, les produits « bio »
sont exposés dans des paniers sur la véranda de l’arrière-cour du Clos Normand,
un espace situé à côté de l’Institut de formation en administration et en
création d’entreprise (Iface) de l’Ucad. Une vingtaine de caisses pleines de
légumes de toutes sortes et de bananes sont entreposées par terre et arrangées
de manière à délimiter l’espace. En plus, il y a divers produits issus de
transformations alimentaires tels que du couscous de mil, des mangues séchées,
des confitures.
L’affluence n’est pas au rendez-vous, ce
matin. Assise devant une balance et un pil de sachet en papiers à côté, Maty
Seck, un voile couvrant sa tête est la caissière de la coopérative Sell-Sellal.
Elle semble ne pas s’inquiéter de cette situation. « Avant, on n’avait que des
clients ‘’Toubabs’’ mais depuis un certain temps, les Africains aussi viennent.
Les prix sont accessibles ». Mme Diagne
en boubou traditionnel, justifie cela « Les prix sont très acceptables.
D’ailleurs le plus important, c’est la santé ». La plupart des étudiants
interrogés aux alentours ignorent la présence de ce point de vente.
Pesticide « haram »
Dans un contexte où l’utilisation de
pesticides domine, les produits du
marché sont plus appréciés. C’est une initiative de la coopérative de
l’Agriculture saine et durable (ASD), qui regroupe un réseau de producteurs
locaux issus de cinq fédérations accompagné par Enda Pronat, une Ong qui forme
des producteurs sur l’utilisation d’alternative aux pesticides chimiques. Dans
toutes les phases de la production, les cultivateurs sont suivis. « Du choix
des semences à la préparation du sol pour la mise en terre et à la récolte, ils
reçoivent un soutien », affirme la caissière, visiblement satisfaite.
« Le marché s’approvisionne grâce aux
producteurs locaux avec qui nous formons la coopérative » ,explique Coumba
Gueye, vendeuse au marché et membre de la Fédération des Agropasteurs de
Diender (FAPD) qui intervient dans la zone maraîchère des Niayes. « Le
marché bio se tient régulièrement depuis
2013 et le Clos normand est notre premier point de vente », ajoute-t-elle.
Depuis quelques années, l’Agriculture saine et
durable est expérimentée au Sénégal, les résultats de cette technique culturale
portent leurs fruits pour le bonheur des populations.La consommation des
produits « bio » a ainsi connu une progression à travers ce type de marché. Pour l’instant,
l’expérience est en train de faire tache d’huile petit à petit dans la capitale
sénégalaise. Des Almadies au Parc de Hann où sont stockées les produits, la
coopérative est la structure qui, au Sénégal, essaie de rapprocher ses produits
de ses clients. A l’aide d’une fourgonnette, elle se déplace pour livrer,
parfois à domicile, les commandes qu’elle reçoit par téléphone ou sur son site
internet.

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